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Etats-Unis : comment Clinton pourrait encore battre Trump, le président élu (même si c’est très improbable)

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Il existe encore des possibilités de contester les résultats de l’élection présidentielle, mais il est peu probable que la démocrate s’en saisisse. Pourtant, les supporters d’Hillary Clinton espèrent encore, fort des 2 millions de voix de plus recueillies par leur candidate.

Va-t-il falloir recompter ? Donald Trump a battu Hillary Clinton lors de l’élection présidentielle américaine, le 8 novembre, même si la démocrate a remporté le vote populaire avec plus de 2 millions de voix d’écart. Le milliardaire est donc en route pour la Maison Blanche, mais le spectre d’un recompte des voix plane sur plusieurs Etats décisifs du Midwest. Jeudi 24 novembre, la candidate écologique Jill Stein a rassemblé 2,5 millions de dollars pour financer un recompte des voix dans le Wisconsin.

Alors, existe-t-il encore un moyen de renverser le cours du scrutin, avec le vote officiel des grands électeurs, programmé le 19 décembre ?  Les pro-Clinton s’accrochent à deux hypothèses, toutes deux hautement improbables, mais bien réelles.

En obtenant que les voix soient recomptées

Un groupe de scientifiques, composé d’experts informatiques et de juristes, a alerté les équipes de campagne sur de potentielles fraudes lors de l’élection, rapporte le New York Magazine (en anglais). Selon ces derniers, le nombre total de votes dans les Etats du Michigan, de Pennsylvanie et du Wisconsin ont été manipulés. Ils ne détiennent pas de preuve, mais mettent en avant des statistiques : dans les comtés où l’on utilise le vote électronique, la démocrate a reçu 7% de votes de moins que ce qui était attendu par les sondages et les études réalisées dans ces mêmes comtés, explique l’hebdomadaire. Dans les comtés où l’on vote avec des bulletins papiers, ils n’ont pas constaté de telles disparités. Jugeant ces résultats « suspects », les spécialistes demandent un réexamen des votes et surtout, un audit des machines à voter, afin de faire la lumière sur un éventuel piratage.

S’ils parvenaient à démontrer une manipulation, le recompte des voix pourrait faire basculer certains Etats du camp Trump au camp Clinton, détaille le New York Magazine. Dans le Wisconsin par exemple, un Etat qui offre 10 grands électeurs, la candidate a perdu de seulement 27 000 suffrages. Or, la démocrate aurait pu y être lésée de 30 000 voix. En admettant que le Wisconsin lui revienne, elle serait encore à la traîne derrière Trump en termes de grands électeurs : 242 contre 280. En revanche, s’il s’avère qu’elle a aussi remporté la Pennsylvanie (20 grands électeurs) où elle n’est qu’à 1,2% de son rival, et le Michigan (16 grands électeurs), où elle n’est distancée que de 10 704 voix, elle pourrait finalement battre Donald Trump. Tout cela, bien sûr, dans l’hypothèse où une fraude serait bien démontrée.

Seulement voilà, pour demander à recompter les voix, il faut qu’une équipe de campagne dépose un recours. Si le camp Clinton refuse pour l’instant de jouer les mauvais perdants, la candidate écologiste Jill Stein a pris les devants. Accusée hier d’avoir fait perdre la démocrate en maintenant sa candidature, elle a lancé une campagne de récolte de fonds pour financer les frais d’une telle démarche, compris entre 6 et 7 millions de dollars, selon son équipe. En moins de deux jours, elle a obtenu suffisamment d’argent pour lancer cette procédure dans le Wisconsin, soit 2,5 millions de dollars. Jeudi, alors qu’il est question de faire de même dans le Michigan et en Pennsylvanie, le compteur affichait plus de 3,1 millions de dollars. Le temps presse : la limite pour déposer un recours dans le Wisconsin est fixée à vendredi, à lundi pour la Pennsylvanie et à mercredi prochain pour le Michigan.

En incitant les grands électeurs à désobéir

Et si les grands électeurs décidaient de ne pas voter en fonction du résultat obtenu par leur Etat ? Lancée peu après l’élection, une pétition a recueilli plus de 4,6 millions de signatures, pour demander aux grands électeurs de désobéir afin d’« utiliser cette institution anti-démocratique [le Collège électoral] pour obtenir un résultat démocratique. » Le texte précise que 149 grands électeurs (sur 538) représentent des Etats qui ne punissent pas cet acte, très rare, de désobéissance. Dans l’histoire des Etats-Unis, seuls 157 grands électeurs n’ont pas respecté la consigne, explique le site FairVote. Ou plutôt 86, si l’on écarte les 71 grands électeurs qui ont dû changer de candidat alors que celui qui avait remporté leurs Etats était mort entre le jour de l’élection et l’investiture.

Si, en théorie, Hillary Clinton pourrait donc être investie présidente le 20 novembre, au lieu de Donald Trump, « ce scénario est extrêmement improbable dans les faits », explique Laurence Tribe, professeur de droit constitutionnel à Harvard, cité par le site Factcheck.org (en anglais)« Notamment parce que le président Obama, et Clinton elle-même, s’y opposent. » « Hillary Clinton a beaucoup insisté sur le fait qu’elle acceptait le fait que Donald Trump soit le président-élu. Obama et Clinton ont martelé que cela était vital en vue d’une transition apaisée nécessaire dans une démocratie. Franchement, je ne peux pas imaginer l’un d’entre eux soutenant une telle initiative du collège électoral », relève-t-il. Son entrée dans le Bureau ovale semble donc compromise.

Source: francetvinfo.fr

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