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Obama en Grèce : tensions historiques et menace de sabotage

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Si le président américain souhaite marquer l’histoire, Alexis Tsipras compte lui sur sa venue pour peser dans le dossier de l’effacement de la dette. Mais les deux hommes pourraient voir leurs objectifs remis en cause par les troubles très forts que suscite cette visite à Athènes.

Le président Obama entame ce mardi 15 novembre son dernier voyage en Europe par une escale de deux jours à Athènes. Si Alexis Tsipras espère faire avancer le dossier de l’effacement de la dette de son pays, le président américain souhaite, lui, marquer son héritage politique et rassurer ses alliés européens, une semaine à peine après l’élection surprise de Donald Trump à la tête des Etats-Unis. Mais tout cela pourrait être masqué par les tensions historiques entre les deux pays, qui n’ont fait qu’être ravivées par l’annonce de ce voyage officiel.

L’effacement de la dette, Alexis Tsipras le demande et le promet depuis qu’il a pris les rênes du pouvoir en Grèce en janvier 2015. Il espère l’obtenir enfin grâce à cette visite de Barack Obama.

En chute libre dans tous les sondages et distancé de plus de 15% par la droite, le gouvernement Syriza essaie, depuis l’annonce de la visite du président américain il y a un mois, de tout faire pour que celle-ci débouche in fine sur l’effacement d’une partie de la dette grecque – qui atteint 177% du PIB du pays. Si cet espoir pour le moins optimiste quant à la visite d’Obama peut laisser songeur, deux faits lui donnent une certaine crédibilité.

Obama sur la position du FMI

D’abord, dans une interview accordée au quotidien grec « Kathimerini » en amont de sa visite, Barack Obama a, une nouvelle fois, insisté sur la nécessité d’un effacement immédiat de la dette grecque, rappelant au passage que c’est aussi la position du FMI.

Ensuite, rappelons qu’après Athènes il se rend à Berlin où il rencontrera la chancelière allemande Angela Merkel, François Hollande ainsi que les chefs des gouvernements britannique, espagnol et italien. Une entrevue qui peut laisser penser qu’il fera tout son possible pour essayer de faire avancer l’effacement de la dette grecque, pierre d’achoppement entre le FMI et Berlin depuis maintenant quelques années…

Potentiellement plus important encore que la dette grecque, des sources de l’entourage présidentiel, citées tant par des médias grecs que par des médias américains, parlent d’un discours exceptionnel et historique que le président américain doit donner pendant sa visite à Athènes, « comparable à celui de John F. Kennedy à Berlin en 1962 », assurent certains. Rien que ça !

Une volonté de marquer son héritage politique mais également de rassurer ses alliés européens extrêmement inquiets après l’élection de Donald Trump qui, pendant sa campagne, a remis en question jusqu’à l’existence de l’alliance transatlantique.

Inquiétude sécuritaire

Au départ, le discours devait être prononcé à la Pnyka, le Parlement athénien antique, lieu de naissance de la démocratie occidentale, mais il a été déplacé pour des raisons de sécurité. Et des raisons de sécurité, assurément, il y en a.

En 1999, déjà, la visite de Bill Clinton à Athènes avait donné lieu à de très grandes manifestations. Des incidents violents avaient éclaté, résultats, entre autres, de l’antiaméricanisme traditionnel de la gauche grecque dû au soutien apporté par les Etats-Unis à la dictature des colonels (1967-1974).

« Quand la junte des colonels a pris le pouvoir ici en 1967, les Etats Unis ont laissé leurs intérêts, ceux de la guerre froide, prévaloir sur un autre intérêt – ou je devrais plutôt dire son obligation – de soutenir la démocratie », disait Bill Clinton, en visite officielle à Athènes le 20 novembre 1999.

Cette fois, les incidents ont commencé dès le 10 novembre avec une attaque à la grenade, au petit matin, contre l’ambassade de France à Athènes revendiquée via un communiqué par l’ »Organisation pour l’Autodéfense Révolutionnaire » qui stigmatise le rôle de Paris en Afrique et s’attaque également aux Etats-Unis.

Le 12 novembre, c’est la « Conspiration des Cellules de Feu », dont plusieurs membres se trouvent en prison pour diverses attaques armées, qui a publié sur internet un texte appelant tous les anarchistes à saboter la visite du président américain et « à rendre à l’Etat ne serait-ce qu’une partie infime de la violence que nous subissons chaque jour ». Le communiqué rappelle aussi que Syriza, coalition de la gauche radicale, qui accueille le président américain, a longtemps défilé sous la bannière « Américains meurtriers des peuples », slogan historique de la gauche en Grèce.

Nouvelle trahison de Tsipras

Car le simple fait d’accueillir le président américain est, de fait, une nouvelle trahison d’Alexis Tsipras pour une partie de la gauche. Le fait que la visite ait lieu à peine quelques heures avant la commémoration annuelle du soulèvement de l’école polytechnique du 17 novembre 1973, qui fut noyé dans le sang par la junte des colonels, n’arrange d’ailleurs en rien les choses.

Les tensions sont fortes, et multiples. L’annonce d’une visite du président Obama au mémorial de Kaisariani, dédié aux morts de la résistance communiste pendant l’occupation, a ainsi conduit le conseil municipal de cette commune gérée encore aujourd’hui par le parti communiste grec, le KKE, à un vote condamnant cette venue de Barack Obama, le déclarant « persona non grata »!

De plus, bien qu’interdites pendant le voyage officiel, pas moins de cinq manifestations sont prévues à l’appel de divers syndicats, partis et organisations de gauche qui continuent à afficher leur hostilité aux Etats-Unis. Il est vrai qu’ils ne sont pas, à l’instar de Syriza, au pouvoir.

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